Cybercondria, 2021, Calypso Mahieu
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Cybercondria, 2021, Calypso Mahieu

L’impact des technologies de l’information telles qu’Internet a radicalement transformé notre rapport au monde et tout particulièrement en matière de santé. Le monde a connu, depuis le milieu des années 90, une mise en débat de la santé dans plusieurs affaires politico-sanitaires : vache folle, chikungunya, grippe H1N1, canicule et aujourd’hui Covid-19, venant bousculer la place de ces thématiques dans la société. L’information qui a trait à la santé dépasse désormais le seul cadre médical. La conséquence liée à cette médiatisation en matière de santé est l’émergence du e-patient. Il s’agit d’une autonomisation du patient dans ses connaissances et dans ses prises de décisions pour sa santé. Cette abondance d’informations et cette accessibilité aux données médicales a entraîné une forme particulière d’anxiété envers la santé : la cybercondrie. Dérivée de l’hypocondrie, pathologie psychiatrique qui se définit comme une préoccupation centrée sur la crainte ou l’idée d’être atteint d’une maladie grave, la cybercondrie se manifeste par l’utilisation, parfois compulsive, d’Internet pour rechercher de l’information médicale pour soi ou pour autrui. Le cybercondriaque cherche à interpéter ses symptômes en pratiquant l’auto-analyse, mais cette réassurance envers sa santé reste majoritairement vaine.

Dans une esthétique acidulée et clinquante mettant en scène une jeune femme inquiète de ses symptômes et obnubilée par ses écrans, le projet photographique « Cybercondria » illustre, sous la forme d’un huis clos décalé, cette nouvelle pathologie qu’est la cybercondrie, notion encore méconnue et taboue, à la croisée entre Internet et le concept de pleine évolution d’anxiété envers la santé qui redéfinit les différentes facettes de l’hypocondrie à l’ère digitale.

 

Série réalisée en collaboration avec Helena Henrion (MUA), Clémentine Henrion (Set designer) et Léa Rostain (modèle).

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