Dynamique des plages, 2021, Matthias Pasquet
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Dynamique des plages, 2021, Matthias Pasquet

En 2012, à la Gaîté Lyrique de Paris, je participe à une séance d’hypnose organisée par l’artiste Catherine Contour. Cette expérience de conscience modifiée me transporte sur la plage du village où j’ai grandi, à Damgan, dans le sud de la Bretagne. Ce voyage introspectif fait écho à certains rêves récurrents qui ont la particularité de se situer sur ce même lieu.

Si Damgan occupe mes représentations mentales, c’est aussi un lieu familial de référence : petite fille, ma mère y passait ses vacances.

Pour Pierre Cassou Noguès, les bords de mer échappent à nos conceptions habituelles du temps.

« L’intemporalité, que l’on prête à la mer, tient sans doute à cette absence de strates : le passé n’y est pas enfoui sous la surface […]. Si le passé se conserve, c’est seulement dans la possibilité qu’il reparaisse avec la marée qui tourne ou dans un coup de vent qui ramènera l’hiver au milieu de l’été.1»

Prenant la forme d’une investigation plastique, « Dynamique des Plages » tente de faire émerger des souvenirs convoquant plusieurs générations. Ce corpus fragmentaire allant de la photographie à l’impression 3D explore la dimension spatiale de la mémoire dans un contexte familial et transgénérationnel.

Ce projet émerge au cours de promenades sur le bord de mer, des flâneries au crépuscule, d’hiver ou d’été. Il s’agit d’envisager l’errance comme un jeu exploratoire d’images mentales, de réactivations de gestes et d’itinéraires déjà empruntés. J’interroge la notion d’attachement à un lieu.

En parcourant la plage, je collecte aussi, des coquillages et du bois flotté. Je les scanne par photogrammétrie puis les imprime en trois dimensions. Parallèlement, je fouille dans les tiroirs de la maison familiale où sont entreposées photographies et cartes postales. Parmi les clichés écornés, je trouve des négatifs de l’enfance de ma mère pris sur la plage de Damgan. Sous un agrandisseur argentique, la surface des impressions 3D sert de support à ces photographies héritées. Vestiges d’une vie océanique, ces rebuts marins se font l’écho d’un temps révolu. Ils deviennent talismans, un hommage spectral, comme les fragments d’un récit suspendu.

1. Pierre CASSOU-NOGUES, Métaphysique d’un bord de mer, Les Edition du Cerf, 2016

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