Sortir de la ronde, 2020, Matthias Pasquet
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Sortir de la ronde, 2020, Matthias Pasquet

Sortir de la ronde

Extirper l’objet du cours des choses. L’objet inaperçu, englouti par sa fonctionnalité, l’objet rangé ou remisé. Sortir l’objet de sa ronde habituelle.

Puis, le faire beau. Lui donner la place, dans toute sa nouvelle puissance dénuée d’usage.

Le faire tenir par des mains étrangères, inconnues à son horizon ménager, des mains curieuses et questionnantes aussi. Être saisi à nouveau, différemment. Rebondissement dans la carrière.

La technique scanne et sonde au plus intime. Une intrusion presque déplacée dans ces objets. Du voyeurisme, en quelque sorte. Comme s’il y avait encore quelque chose à leur faire dire, quelque chose contenu dans des aspérités, quelque chose de caché. Des mains et des yeux qui bousculent ces présences muettes, des témoins silencieux.

Si on ne raconte rien de lui, il ne dit rien non plus. Si aucune trace ne le trahit, il recommence une vie, incognito, dans son intarissable liberté de se renouveler.

Alors chercher celles et ceux qui lui prêtent encore des mots. Celles et ceux qui le trahissent, cet objet. Qui déchirent son silence. Celles et ceux pour qui, il reste vivant dans son effet « signal ».

Le pourtour de la mémoire

La mise en scène est prête. L’ambiance d’un studio de photo se mesure aux mètres de nappes en papier utilisés pour blanchir le fond des prises de vues. Les objets sélectionnés posent, des mains les tiennent.
Et encore une fois, de nouveaux objets sont les témoins silencieux et anonymes du moment, de ce qui se vit au devant d’eux. Mais quelque chose diffère à mesure que l’objectif et l’attention se portent sur ce papier blanc, tendu puis froissé et amoncelé une fois utilisé.

L’oeil voit les pourtours, le technicien dans sa demie-pénombre, une maison en construction sur le chemin du retour, un garage où disparaît par stade l’objet-voiture. L’oeil-mémoire est omniscient quand il parle de la mémoire.

Et comme une peau qui se renouvelle dans son invisible discrétion, les berges du Lot sont identiques et différentes du souvenir des berges du Lot.

Texte : Pauline Burtin

 

Projet réalisé lors d’une résidence de création à la médiathèque de Sainte-Livrade-sur-Lot,
avec le soutien de la DRAC Nouvelle-Aquitaine.

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